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Bardot, Brigitte (1934-2025)

53 pages, formats divers (entre 165 x 114 et 265 x 208 mm). Encres rose, bleue et noire sur papier. Certaines ornées de dessins. Quelques enveloppes conservées. Pliures anciennes, quelques taches et déchirures. Touchantes lettres de Brigitte Bardot à son second mari, Jacques Charrier, écrites pendant sa grossesse et la séparation forcée du couple, dévoilant une face intime, passionnément amoureuse mais aussi vulnérable de l'icône "BB". Tous deux acteurs, le couple se rencontre en 1958 sur le tournage du film Babette s’en-va-t-en guerre de Christian-Jaque. Le couple se marie l’année suivante et, peu après, Bardot tombe enceinte, donnant naissance à leur fils, en janvier 1960. Ce sont d’abord les mots tendres d’une histoire d’amour, celle d’une jeune femme amoureuse de celui qu’elle appelle tendrement son « Quinet », que les lettres ici réunies relatent : « Toi tu es ma vie, mon sang, mon rêve, mon but, ma raison, tu es mon amour mon amour ». Toute la correspondance est traversée par l'intensité de son amour pour Jacques Charrier : “Ecoute moi bien, tu es ma vie, si tu me quittes je meurs, rien au monde ne compte que toi, les "autres" je m'en fous, c'est toi que j'aime c'est toi que je porte en moi, c'est pour toi que j'existe, tu me brûles d'amour et je n'existe que par toi”. On aperçoit ici l’envers du décor : derrière l’icône BB se dévoile une figure plus intime et méconnue, celle de Madame Charrier : « Tu sais j’ai un nouveau passeport tout neuf au nom de Mme Charrier, je suis drôlement fière, c’est moi Mme Charrier ». C’est donc aussi le portrait d’une femme vulnérable, d'une « petite fille fragile », qui se dessine à travers ses lignes intimes. La séparation forcée : « Je voudrais hurler tant j ’ ai de peine » . Pendant la grossesse de Bardot, le couple est contraint à l’éloignement à deux reprises. Une première fois après le départ de Jacques pour son service militaire obligatoire en pleine guerre d’Algérie. Les époux se voient brièvement lors d’une permission de quelques jours accordée au jeune acteur en raison de l’état de santé de sa femme. Toutefois, la veille du départ de Charrier, Bardot tente de mettre fin à ses jours. Désespéré, Charrier décide alors à son tour d’attenter à sa vie afin d’échapper au service militaire, à la suite de quoi il sera interné pendant trois mois à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce, au sein du service psychiatrique, séparant le couple pour la deuxième fois. Durant ces périodes d’éloignement, le couple parvient néanmoins à correspondre. Cette séparation affecte énormément Brigitte Bardot : “Mon petit ours, je suis si inquiète pour toi, je n'arrive pas à avoir de tes nouvelles, depuis 3 jours on ne sait rien de toi, chéri mon chéri j'ai peur, qu'est-ce qu'on te fait, pourquoi nous isole t'on comme ça ? J'ai l'impression que tu es en prison pour un crime que tu n'as pas commis...” L’actrice n’a de cesse d’écrire son manque et sa souffrance à son amant : "J ’essaye de m’habituer à vivre sans toi, loin de toi, la maison est silencieuse et morne, chaque bruit anodin prend une ampleur inhabituelle et je me rends brutalement compte à quel point tu as rempli ma vie" . Dans ce contexte, Brigitte Bardot souligne déjà sa haine de la société qui sépare le couple : “ Les gens sont des monstres, la société est une merde ! Je les hais .” Derrière la douceur de l’encre rose et les dessins de fleurs qui parsèment les lettres, la correspondance dévoile donc également le pendant plus tragique du couple Bardot-Charrier. La mort, omniprésente, hante leur correspondance : « J’ai envie de mourir… Quinet mon ange est-ce que tu comprends ? ». Au long de leurs quatre années de vie commune, le couple connaîtra en effet trois tentatives de suicide. Lorsque la séparation les éloigne, Bardot confesse à plusieurs reprises son désir de disparaître : « J’étais toute seule et je voulais mourir, sans toi tout me paraît trop lourd » ou encore « Quinet, je te pleure, je t’appelle, j’ai envie de mourir… Pourquoi vivre ? Je voulais vivre avec toi, pas sans toi ». Une passion amoureuse et brûlante. C’est aussi la passion du couple qui se lit, à travers les déclarations érotiques de celle qui incarne alors le charme français : “ Je t'embrasse tes yeux et tes lèvres ô tes lèvres ! Ta bouche et tes yeux j'en suis folle. J'embrasse tes mains aussi, je les aime, elles me connaissent, elles m’apaisent, je glisse sur ton ventre jusqu'à ton sexe je le sens durcir sous mes lèvres, j'en profite tu es tout à moi aussi.... Fais-moi l'amour nounours, je t'aime je t'aime avec ma vie, mon sang ”. Brigitte Bardot, alors sans doute la femme la plus connue et désirée du monde, se livre ici à des déclarations enflammées : “ Oh mon nounours Prends-moi dans les bras, me faire câlin, j'ai envie de douceur, de toi, fais-moi perdre conscience, caresse-moi longtemps comme j'aime, tu sais ? Je ferme les yeux, je m'isole de tout ce qui n'est pas toi, je sais que tes caresses me tuent, m'affolent, me font du bien, je te laisse faire, tu me connais sur le bout de tes doigts, tu es patient et calme, moi je suis affolée, folle, je tremble continue, ô continue, encore encore oui je t'aime.... arrête mon amour…ce que j'aime ça, ce que je t'aime” . Le témoignage d’une grossesse tourmentée. Derrière le bonheur d’une jeune mère en devenir, cette correspondance laisse déjà percevoir les difficultés qui marquent cette grossesse que Bardot décrira des années plus tard comme l’expérience la plus traumatisante de sa vie. Dans ces pages, elle évoque déjà ses « crises » à répétition et la morphine qui lui est prescrite pour la soulager : “ [...] j’en ai marre de tout et de moi en particulier, je me trouve encombrante, chiante ramollie et moche, enfin je ne suis pas au bout de mes peines !! A force de me droguer pour me faire tenir le coup, je suis complètement intoxiquée !! Pauvre [petit], il va naître et on va l’envoyer directement dans une clinique de désintoxication”. Pour échapper aux photographes, Bardot passe toute sa grossesse retranchée dans son appartement du 71 avenue Paul-Doumer du XVI e arrondissement de Paris pour échapper aux photographes. Dans les lettres, elle relate à Jacques comment, alors qu’elle était à la recherche d’un berceau pour leur futur enfant, elle a été suivie et harcelée dans la rue par un paparazzi : « Alors aujourd’hui j’ai été voir dans la boutique en bas de la maison, choisir un berceau et j’ai vu 2 types qui me photographiaient avec un téléobjectif […]. J’ai pleuré de rage et d’impuissance je voudrais tant pouvoir vivre, sortir, marcher sans être sans arrêt poursuivie comme ça ». Traquée, Bardot livre ici un témoignage de ce harcèlement médiatique qui atteindra son paroxysme lors de la naissance de son enfant en janvier 1960, alors qu’elle accouche dans un appartement privé pour plus d’intimité, mais que les journalistes et photographes encerclent l’appartement pendant des jours, jusqu’à ce que Jacques désigne deux photographes qui prendront les premières photos de Bardot et son fils. Ici, l’actrice laisse entendre la souffrance d’une femme qui eut fait le souhait d’une vie différente, loin des contraintes imposées par la célébrité, et qui fera par conséquent le choix de renoncer au cinéma et à la célébrité. Quant au couple, il divorce finalement en 1963 : chacun livrera sa propre version de ces années tourmentées dans son autobiographie respective. À ce titre, de nombreux extraits des lettres ci-présentes sont cités par Jacques Charrier dans Ma réponse à Brigitte Bardot (1997).
Estimate:£83,751.29
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