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16d 13hFRMillon & Associés

Ludwig Ferdinand SCHNORR VON CAROLSFELD (1788-1853) Portrait de Napoléon

Ludwig Ferdinand SCHNORR VON CAROLSFELD (1788-1853) Portrait de Napoléon

Huile sur toile. 1832. H. 96 x L. 72 cm. Cadre : H. 112 x L. 92 cm. Provenance - Probablement commandé par Joseph Bonaparte en 1832. - Collection de l'artiste, Vienne. - Puis à sa fille, Wilhelmine Carolina Aloysia Ottilie Schnorr von Carolsfeld, épouse Tschudi (1820-1897), Vienne. - Collection Hugo Egidius Tschudi, (1851-1911), Berne. - Collection Hans Gilg von Tschudi (1901-1931), Berne. - Collection Rolf Bürgli (en 1936), Berne. - Collection privée allemande. - Collection privée française. Oeuvres en rapport - Ludwig Ferdinand Schnorr von Carolsfeld, Portrait du duc de Reichstadt dessiné d'après nature, février 1832, pastel, (anciennement collection Rolf Bürgli, Berne, localisation actuelle inconnue). - Ludwig Ferdinand Schnorr von Carolsfeld, Portrait du duc de Reichstadt, dessin au crayon et crayon de couleur, exposé en 1877 à l'Exposition historique d'art de Vienne (alors collection Tschudi, localisation actuelle inconnue). - Ludwig Ferdinand Schnorr von Carolsfeld, Le Fils de Napoléon, légendé : « Mort à Vienne, le 22 Juillet 1832. Dessiné d'après nature en Février de la même année par Schnorr, et lithographié par l'auteur. », signé « L. Schnorr v. C. », Rittner et Goupil, Paris 1835, gravure, BNF, Réf. De Vinck, 8645 (ill. 3). - Augustin-Claude-Simon Legrand, Napoléon, duc de Reichstadt, Légendé « Copié d'après une peinture originale envoyée par le Prince en avril 1832 au Comte de Survilliers son oncle », à Paris chez Dauty, éditeur rue Vivienne n° 2, gravure, BNF, De Vinck, 8644. - Anonyme (réattribué à Ludwig Ferdinand Schnorr von Carolsfeld), Portrait du duc de Reichstadt en habit civil, vers 1830-1835, signé « L.S », Rome, Museo Napoleonico (inv. MN 613) (ill. 4). - Peter Krafft, Portrait du duc de Reichstadt (Napoléon II) en uniforme blanc de sergent-major du 1er régiment d'infanterie, devant la Bellaria, huile sur toile, vente Osenat 24 mars 2013 (adjugé 330 000 €) (ill. 1). - Johann Baptist Lampi II, Le Duc de Reichstadt, début du XIXe siècle, huile sur toile, Budapest, Magyar Nemzeti Galéria (inv. 485.B) (ill. 2). Historique Le 20 mars 1811, l'impératrice Marie-Louise (1791-1847) donne naissance à l'héritier tant attendu de Napoléon Ier (1769-1821). Prince impérial de France, Napoléon François Joseph Charles Bonaparte reçoit, dès sa naissance, le titre de roi de Rome. À la chute de l'Empire, l'abdication prononcée au palais de l'Élysée le 22 juin 1815 stipule : « Ma vie politique est terminée, et je proclame mon fils, sous le titre de Napoléon II, empereur des Français. » Cette proclamation est approuvée par le Parlement, la Chambre des représentants et la Chambre des pairs. Napoléon II est ainsi, en droit, « empereur des Français » durant deux semaines, bien qu'il ne se trouve pas en France, mais à Vienne, où il réside depuis 1814. Son grand-père, l'empereur François Ier d'Autriche (1768-1835), soucieux d'en faire un prince autrichien, lui confère en 1818 le titre de duc de Reichstadt. À partir de 1822, le jeune prince entame une carrière militaire, brutalement interrompue par sa mort prématurée en 1832. Représenté dès ses premiers mois par les plus grands artistes de son temps, le fils de Napoléon est à l'origine de deux grandes traditions iconographiques : celle de l'héritier de l'Empire français, sous les traits du roi de Rome, et celle du prince autrichien, puis, pour une partie de l'opinion bonapartiste, du potentiel restaurateur du Premier Empire, incarné par le duc de Reichstadt. Cette seconde iconographie, à laquelle se rattache notre œuvre, demeure particulièrement rare. À notre connaissance, seul le tableau de Peter Krafft (1780-1856), Duc de Reichstadt (Napoléon II) en uniforme blanc de sergent-major du 1er régiment d'infanterie, devant la Bellaria, offre un exemple comparable de portrait historique de grand format exécuté du vivant du jeune prince (ill. 1). Un autre portrait, peint par Johann Baptist Lampi II et aujourd'hui conservé à la Galerie nationale hongroise à Budapest, peut également être cité, sans toutefois que l'on sache précisément sa date de réalisation (ill. 2). Notre œuvre se distingue des représentations traditionnelles du duc par le vêtement. Le jeune prince y apparaît vêtu d'un habit civil, offrant une image détachée des Habsbourg. Ce choix semble révéler la conscience croissante de son identité napoléonienne, qui s'affirme au cours des dernières années de sa vie. Cette lecture se trouve renforcée par l'identité du commanditaire et la destination présumée du portrait. La dernière effigie de l’héritier de Napoléon, commandée par Joseph Bonaparte. Les archives conservées au Palais du Belvédère indiquent que Ludwig Ferdinand Schnorr von Carolsfeld aurait été mandaté par Joseph Bonaparte, comte de Survilliers, en qualité de chef de la famille impériale, à la demande des bonapartistes, afin de réaliser un portrait du duc de Reichstadt. En février 1832, Schnorr exécute en effet d’après nature l’effigie du jeune prince. Il en fixe les traits dans un dessin aujourd’hui non localisé, quelques mois seulement avant sa mort prématurée. Cette composition sert de modèle à notre tableau, ainsi qu’à une gravure publiée dès 1835 par Rittner et Goupil (ill. 3). Une autre gravure, réalisée par Augustin-Claude-Simon Legrand, présente une iconographie très proche de notre œuvre. Sa légende précise que le portrait a été « copié d’après une peinture originale envoyée par le Prince en avril 1832 au Comte de Survilliers son oncle ». Il s’agit vraisemblablement de la tempera aujourd’hui conservée au Museo Napoleonico de Rome. Selon la tradition, cette œuvre aurait été envoyée par le duc de Reichstadt à sa grand-mère, Letizia Bonaparte, avant d'intégrer les collections du comte Primoli, puis celles du musée romain (ill. 4). Les documents récemment identifiés conduisent toutefois à envisager une autre destination : la tempera aurait en réalité été envoyée par le jeune prince à son oncle, Joseph Bonaparte, comte de Survilliers. Longtemps demeurée sans attribution, malgré la présence de l'énigmatique signature « L. S. », cette tempera fut présentée comme l'œuvre d'un artiste anonyme lors de l'exposition La pourpre et l'exil : l'Aiglon et le Prince impérial, organisée au château de Compiègne entre novembre 2004 et mars 2005. Notre identification de Ludwig Ferdinand Schnorr von Carolsfeld permet aujourd'hui de restituer cette composition à l'artiste et de lever le mystère entourant cette signature. La destination politique de cette effigie trouve un écho particulier dans un portrait de Joseph Bonaparte par Innocent-Louis Goubaud, peint après juillet 1832 (ill. 5). L’artiste y réunit les portraits des prétendants au trône récemment disparus, dans une composition destinée à légitimer Joseph comme héritier de Napoléon. Celui du duc de Reichstadt, représenté en habit civil et posé sur une table, présente une proximité frappante avec la miniature conservée au Museo Napoleonico. Cette tempera semble ainsi avoir servi de modello pour le portrait destiné aux bonapartistes. Le tableau final demeure toutefois dans les collections de l'artiste, probablement en raison de la mort prématurée du Prince. Notre œuvre constitue ainsi l'une des dernières représentations, sinon la toute dernière, réalisée du vivant de Napoléon II. Schnorr, un peintre nazaréen à la cour des Habsbourg. Ludwig Ferdinand Schnorr von Carolsfeld naît le 11 octobre 1788 à Leipzig, au sein d'une famille appelée à marquer durablement l'histoire des arts. Son père, le peintre Veit Hanns Schnorr von Carolsfeld (1764-1846), est également son premier professeur. Son frère cadet, Julius Schnorr von Carolsfeld (1794- 1872), deviendra à son tour un peintre reconnu, tandis que son neveu, Ludwig Schnorr von Carolsfeld (1836-1865), connaîtra une brillante carrière de chanteur d'opéra. En 1804, il entre à l'Académie impériale et royale des beaux-arts de Vienne, où il étudie sous la direction de Heinrich Friedrich Füger (1751-1818). Il fréquente alors un cercle de jeunes artistes réunis autour de Friedrich Overbeck (1789-1869), désireux de s'affranchir de l'enseignement académique et des idéaux classiques qui dominent encore l'institution. Leurs aspirations contribuent à l'émergence d'un nouveau courant du romantisme allemand : le mouvement nazaréen, dont Schnorr devient l'un des représentants à Vienne. En rupture avec le néo-classicisme académique, ce courant puise largement son inspiration dans la peinture religieuse et l'art médiéval. Les œuvres de Schnorr, à l'image de notre portrait, se caractérisent ainsi par une dimension hiératique et une solennité qui les rapprochent parfois de l'esthétique des icônes religieuses. Au début des années 1830, Schnorr se rapproche de l'archiduc Jean-Baptiste d'Autriche (1782-1859), frère de l'empereur François Ier, dont il réalise le portrait en 1827. Le patronage de l'archiduc lui ouvre les portes de la cour impériale et lui vaut plusieurs commandes. En 1835, grâce notamment à l’intervention du prince et à la faveur croissante dont bénéficie alors la peinture romantique, Schnorr est nommé membre de l'Académie de Vienne. À partir de 1841, il devient conservateur de la Galerie impériale de peinture du palais du Belvédère. Figure importante du romantisme germanique, Ludwig Ferdinand Schnorr von Carolsfeld laisse une œuvre aujourd'hui conservée dans plusieurs collections prestigieuses. Ses peintures sont notamment présentes au palais du Belvédère et au Wien Museum à Vienne, mais également au Metropolitan Museum of Art de New York, au Cleveland Museum of Art et dans les collections princières de la maison de Liechtenstein. Littérature - Grand-Carteret John, L'Aiglon en images et dans la fiction poétique et dramatique, Charpentier & Fasquelle, Paris, 1901. - La pourpre et l'exil : l'Aiglon (1811-1832) et le Prince impérial (1856-1879), cat. exp., Compiègne, Musée national du château de Compiègne, 25 novembre 2004-7 mars 2005, Réunion des musées nationaux, Paris, 2004. - L'Aiglon, cat. exp., Paris, Musée national de la Légion d'honneur et des ordres de chevalerie, 20 mars-13 juin 1993, Sagim, Levallois-Perret, 1993. - Schwarz Heinrich, « Neue Nachträge zu Andresens deutschen Maler-Radiereren », in Die Graphischen Künste, N.F. 1.1936 - Strasoldo-Graffemberg Alexander, Ludwig Ferdinand Schnorr von Carolsfeld (1788-1853), F. Hansen, Cologne, 1986. - Vienne, Archiv der Österreichischen Galerie Belvedere, Nachlass Hans Ankwicz-Kleehoven (Fonds Hans Ankwicz-Kleehoven), Dossier « Ludwig Schnorr ».

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